Être parent de princesses

Andrea TomkinsSi vous n’avez pas vu l’histoire de la « princesse hot dog » qui circule sur Internet, je vous suggère de lire cet article de BuzzFeed. Lors de la « semaine des princesses » du cours de danse d’Ainsley, 5 ans, elle a décidé de porter un costume de hot dog. En tant que parent, c’est le genre d’impertinence juvénile que j’appuie. Après tout, il s’agissait d’une princesse qui savait vraiment qui elle était, une princesse pas comme les autres princesses, une « princesse hot dog » (#hotdogprincess).

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C’était le jour de la princesse au cours de danse et une petite fille est venue déguisée en hot-dog … Je n’ai jamais admiré quelqu’un autant.

Un autre bon exemple d’un personnage de princesse atypique est la princesse au sac de papier de Robert Munsch (Paper Bag Princess). En fait, j’ai acheté une copie de ce livre alors que j’étais à l’université et j’ai juré que je le lirais à mes enfants un jour, que ce soit des garçons ou des filles. En l’occurrence, mes enfants sont en fait deux filles. Elles ont aujourd’hui 15 et 17 ans, mais comme de nombreuses filles, elles étaient enchantées par tout ce qui se rapportait aux princesses lorsqu’elles étaient jeunes, malgré mes meilleurs efforts. Nous n’avons pas banni les films de Disney à la maison. Nous les avons regardés et appréciés, comme n’importe qui d’autre, mais je ne voulais pas que la brigade de princesses sorte de l’écran et s’intègre dans votre vie de tous les jours sous la forme de sacs à dos, de boîtes à lunch, d’étuis à crayons et de jeux de société de princesse.

Je me rappelle clairement être agacé par la réédition du fabricant de mes vieux jeux favoris auxquels on a donné un thème de princesse. Les jeux Princess Monopoly, Princess Uno, Princess Candyland (on ne respecte donc plus rien aujourd’hui?) ont été un dur coup à prendre pour moi. Voulais-je élever des filles qui ne toucheraient à aucun jeu à moins qu’ils ne soient « conçus pour les filles »? Non! Donc, lorsque les filles m’ont demandé d’acheter de la marchandise sur le thème des princesses (t-shirts, maillots de bain, casquettes), j’ai exercé mon droit de veto. Les princesses restent sur l’écran et dans les livres, leur ai-je dit. Je leur ai également dit que je ne voulais pas qu’elles soient des panneaux réclames ambulants pour une multinationale. Comprenaient-elles vraiment tout cela à 5 ans? Probablement pas, mais elles ont compris ceci : maman n’achète pas de marchandises de princesse. Cependant, nous ne vivions pas entièrement sans princesse. Pour une raison ou pour une autre, nous avons acheté un costume d’Halloween de princesse de Disney, lequel a été porté par les deux enfants pendant de nombreuses saisons pour courir l’Halloween. J’ai trouvé leur attirance pour ce costume des plus fascinants. Le pouvoir de la princesse était vraiment magnétique.


From http://princess.disney.com/mulan

Les films que nous avons d’abord regardés ensemble étaient des classiques : Blanche-Neige, La belle au bois dormant, Cendrillon. Ce sont les mêmes avec lesquels j’ai grandi et je voulais partager cette partie de mon enfance avec elles même si je n’étais pas ravie de la façon dont les femmes sont représentées (p. ex. « Un jour, mon prince viendra »). Je dois dire tout de même que Disney a depuis répondu à son public et aux temps changeants en créant des princesses plus convaincantes et équilibrées qui tracent leur propre voie. Mulan et Merida sont deux de mes personnages féminins préférés de Disney. Elles sont fortes, indépendantes et intelligentes. Bien sûr, je voulais élever des filles qui sont fortes, indépendantes et intelligentes alors c’était le type de divertissement que j’étais heureuse d’encourager (même si je ne voulais pas acheter de marchandises de princesse).

From http://princess.disney.com/merida
From http://princess.disney.com/merida

Je considère la consommation d’images traditionnelles de princesse un peu comme des bonbons. Les garçons et les filles peuvent en manger en petites quantités, mais il faut vraiment contrebalancer cette consommation par des aliments plus sains. Nous nourrissons nos enfants pour qu’ils deviennent forts et en santé, alors pourquoi ne pas faire la même chose pour ce qu’ils regardent? Que doit faire un parent quant à la « princessification »? Voici quelques conseils.

  • Il est important pour vos enfants qu’ils développent un « œil critique » à l’égard de tous les types de médias. Regardez des films de princesse et parlez-en ouvertement. Le concept de la demoiselle en détresse qui attend son prince est un bon sujet de discussion. Voici quelques questions pour entamer la conversation.
    • N’est-ce pas étrange que Blanche-Neige marche vers le coucher de soleil avec quelqu’un qu’elle connaît à peine?
    • Comment subviendra-t-elle à ses besoins si la relation ne fonctionne pas?
    • L’aime-t-il seulement pour sa beauté? (C’était, bien sûr, d’une grande importance pour la méchante reine!)
    • La recherche du bonheur parfait est-elle réaliste si les vraies relations demandent de faire des efforts et des compromis?
  • Exercez votre droit de veto quant aux jouets et aux marchandises de marque. Il est correct de dire non.
  • Parlez de ce que les vraies princesses font dans la vie. Elles ne font pas que participer à des réceptions prestigieuses et prendre des photos! Elles sont souvent ambassadrices pour leur pays et font beaucoup de travail pour les organismes de bienfaisance.
  • Présentez à vos enfants de bons exemples de femmes fortes dans la vraie vie. Une de mes pages Facebook préférées est A Mighty Girl : vous y trouverez des histoires inspirantes de filles de partout dans le monde.
  • Il existe beaucoup de films et de livres également. Demandez des conseils à votre bibliothécaire. La lecture de chevet offre une merveilleuse occasion de présenter de nouvelles idées d’une façon douce et non moralisatrice et peut faire en sorte que les enfants s’endorment en pensant à des idées inspirantes (comme rêver de devenir astronaute par hasard!).

Et si votre princesse veut porter son costume au lit chaque nuit et à l’école tous les matins et refuse de partir sans son diadème, c’est également correct. Cela lui passera. Dans l’intervalle, rappelez-lui que sa robe ne convient probablement pas pour jouer dans les grimpeurs et qu’il n’est pas nécessaire qu’elle soit le type de princesse qui attend son prince. Où est le plaisir? Elle peut être son propre type de princesse : la princesse qui joue au hockey, la princesse qui fait rouler une entreprise de petits gâteaux, la princesse en scooter, ou même la princesse hot dog. 

Vous cherchez des ressources sur l’art d’être parent de princesses? Jetez un coup d’œil à ce billet de blogue sur le site mediasmarts.ca (en anglais) pour vous inciter à la réflexion. Ce plan de leçon pour les enfants de la 3e à la 6e année contient également des renseignements utiles pour les enseignants, les fournisseurs de soins et les parents, et peut être adapté pour les plus jeunes enfants également. Vous avez d’autres conseils à partager? Nous aimerions connaître votre approche de l’art d’être parent de princesses (et de princes!) dans les commentaires ci-après. 

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